mercredi 14 mars 2012

Nos premières semaines

Avant toute chose, je profite de ce premier post en direct du Canada pour remercier notre entourage. Pour avoir été présent, pour nous avoir soutenu, et pour avoir versé quelques larmichettes...

Cela fait maintenant 21 jours que nous avons quitté la France pour Montréal. Le bilan à court terme est plutôt positif. 

Nous allons emménagé "chez nous" ce dimanche. Auparavant, nous avons loué une chambre pour une semaine chez des anciens messins, installés ici depuis cinq ans. Joli appartement dans une maison au style typiquement canadien. L'occasion de connaître du monde et d'être conseillés et guidés dès notre arrivée. Nous avons profité de cette semaine à fond pour visiter, découvrir la ville, ses quartiers, se repérer dans le métro et faire des petits restaurants.

Nous sommes notamment montés sur le Mont Royal, cette petite montagne plantée au milieu de la ville qui offre une somptueuse vue sur le centre et ses buildings. Lieu réputé pour le ski de fond et la luge en hiver, le parc devient un lieu de vie aux beaux jours... Nous avons parcouru le Vieux Montréal, le port, sa patinoire extérieure. Nous avons assisté à un spectacle de son et lumière au sein de la Basilique Notre Dame. Nous avons eu l'occasion de nous promener dans le Mile End (quartier branché), Outremont (quartier Juif) et surtout dans la Petite Italie où l'on retrouve des épiceries avec tous les produits que j'adore. Et oui, il est possible de parcourir 6000 Km et de se retrouver en Italie. Nous sommes allés manger dans plusieurs restaurants italiens, on y retrouve l'ambiance, la langue, les meilleures spécialités comme les arancini ou les cannoli, un régal ! Nous sommes aussi sortis un soir pour assister à Montréal en lumière (un genre de fête des lumières lyonnaise). Malgré un froid glacial, les gens, bien emmitouflés, étaient tous dehors autour d'un verre, profitant des concerts, des animations ou encore des circuits de luges en plein air. Pour les frileux, il est possible de vivre dans les souterrains. En fait, les lignes de métro communiquent avec les centres commerciaux, tous raccordés les uns aux autres, sur une multitude d'étages...bref, les filles, il y a de quoi faire. Et puis si entre temps vous avez un petit creux, vous y trouverez tout et n'importe quoi, les cuisines du monde y sont représentées. Trop de choix, tue le choix. La première fois, on a mangé Subway (une valeur sure). 

Depuis, c'est chez Anthony que nous résidons. La vie en coloc' est vraiment sympa. Nous sommes sortis avec lui : bonnes places pour diner (le midi) et souper (le soir), vrais burgers, brunch du dimanche (sirop d'érable dans tous nos plats), game de basket à l'Université de Mc Gill et soirées avec ses amis. Bref, la vie ici est très agréable. La ville est cosmopolite. C'est sympa d'entendre parler toutes les langues et de pratiquer un peu son anglais en soirée, car le reste du temps, tout est dans les deux langues.

Pendant ce temps, nous n'avons fait que trois visites d'appartements. Au final, notre choix s'est vite porté vers ce super duplex, moderne, plein de cachet (mur de briques rouges, parquet...). Le feeling avec la colocataire est vraiment bien passé. Le tout pour un prix plus que raisonnable si l'on compare aux loyers pratiqués en France. A la frontière avec le Village (quartier gay) et Hochelaga, à dix minutes du coeur de la ville en métro, je pense que nous y serons bien.

Il ne nous reste plus qu'à trouver un emploi...

***

Je me rends compte que je n'ai pas encore parlé de ce qui nous inquiétait pas mal avant de partir: le temps. Nous sommes arrivés durant une période de redoux, enfin, que l'on s'entende bien, pour les montréalais, car les températures étaient négatives, proches de zéro. Un peu déçus évidemment car la neige avait déjà bien fondue, laissant place à de la sloche (la gadoue en québécois). A croire que la météo avait pris connaissance de notre arrivée, le surlendemain, une tempête de neige faisait son apparition. La ville sous une belle robe blanche est magnifique. Malgré les importantes chutes de neige, la vie continue...si si je vous jure il est possible de circuler à pied comme en voiture par ce temps. Les français devraient en prendre de la graine !

Qui dit neige, dit bon équipement. Mes pataugas m'ont enfin servi (et oui mes "booboots" de l'espace sont tendance ici) et l'écharpe faite main par Marie Pierre aussi ! J'ai enfin sorti le beau gros manteau offert à Noël par mes parents. Etienne a fait l'acquisition d'une belle paire de boots made in Steve Madden (les filles allez voir leur gamme sur le net). Sans parler de l'attirail Quechua : sous pull et sous pantalon sont de rigueur. Malgré des températures avoisinant parfois les -20°C, ici le froid semble supportable...enfin si vous ne vous risquez pas à sortir sans vos gants. Ce n'est d'ailleurs pas pratique pour prendre des photos...



Quelques clichés qui vont donneront un aperçu de notre périple

***

Ceux qui nous connaissent bien savent que nous sommes accros à la cuisine, gastro comme junk food. Vous l'aurez compris, nous ne nous sommes pas privés. L'Amérique du nord est réellement le paradis de la mal bouffe. Bizarrement les montréalais ne sont pas forcément forts. Ici les gens pratiquent beaucoup de sport donc on a tout intérêt à s'y mettre pour compenser nos excès. Je parle surtout pour moi car Etienne va déjà s'entrainer les samedis et nager les mardis. Quant à moi...je n'ai pas encore trouvé ma voie, cela ne saurait tarder. J'en reviens donc à ce qui m'intéresse en premier lieu, la nourriture. Au delà des grandes chaines dont je tairai le nom, il existe de bons endroits où déguster de très bons burgers (Burger de ville entre autres). Je n'ai jamais vu autant de restau sushis, même si la plupart d'entre eux me paraissent limites. Je ferai mon baptême de sushis chez Tania, notre coloc'. Ah oui, j'avais omis de préciser qu'elle était propriétaire d'un sushis bar assez réputé ici.

Ce qui m'a le plus interpelé en arrivant n'est pas l'accent québécois, on s'y fait vite. C'est plutôt les tips. Pour ceux qui ne connaissent pas, il s'agit des pourboires. Ici, ils sont obligatoires...enfin, pas sur le papier. Pour tous les lieux où vous vous faites servir (vous ne trouverez pas ça chez Mc Do), il faut laisser 15% de la somme, plus si affinité ; sachant que les prix indiqués sont tous hors taxe. Et certains ne se gênent pas pour vous le rappeler, j'en ai fais l'expérience. Mon calcul mental n'était pas très juste, il manquait 2 dollars, la serveuse me l'a fait remarqué (la honte assurée). En fait, dans certains secteurs, les salaires sont volontairement moins élévés. Le pourboire permet donc de compléter le salaire des employés. Du coup, l'addition est plus salée qu'en France. En même temps nous sommes dans une métropole donc tout est relatif.

Ici on trouve tout en gros. Vous comprendrez quand vous verrez la taille des bidons de jus d'orange. En plus, le manque de choix dans les supermarchés est indéniable...si l'on compare à la France. Par exemple, il n'y a pas de dessert sauf des tonnes de yaourt. Mais j'ai vite compris qu'il ne fallait plus comparer. Déjà parce que ça nous fait du mal et puis parce qu'ici c'est l'Amérique baby !!!


Pour mettre en haleine ceux qui vont venir nous rendre visite...ou pas

***

Notre objectif pour les semaines à venir : aller à New York. Mais c'est une autre histoire, et pourquoi pas un nouveau post. Et puis nous aurons bientôt la visite de ma famille. J-27 et les Fions seront à nouveau réunies !

On pense bien à vous. Vous nous manquez alors venez nous rendre visite ! A très vite ! 

dimanche 18 décembre 2011

L'étape cruciale du PVT

Le 16 novembre 2011 - 16H16, un nouveau mail arrive.
Objet : L'initiative Expérience Internationale Canada (EIC) 2012 est ouverte
Cette catégorie Programme Vacances Travail (PVT) est destinée aux jeunes Français souhaitant effectuer un séjour de découverte touristique et culturelle au Canada, tout en étant autorisés à travailler pour compléter leurs ressources financières...pour une durée de 12 mois. Les demandes se font tous les ans et le nombre de places est limité !


AHAHAHHHH ! Voilà ma réaction. Chaud, froid, stress et en même temps super excitée. Il faut savoir que le Canada est un pays très demandé. L'année passée, les quotas ont été atteints en 5 semaines. Cette année, on nous annonce 6750 places : c'est très peu ! Pour information, le nombre de places a été soldé en 12 jours, un record.

En quoi consiste ce dossier : toutes sortes de formulaires à remplir, des tas de photocopies, un CV, une lettre de motivation, une attestation de la banque...dis comme ça rien de bien sorcier. Pour la lettre  de motivation, rien de plus simple, on nous demande d'expliquer les raisons du départ et ce que l'on souhaite faire une fois là bas. Montréal, l'aventure, les paysages, les langues, le continent Américain...et tout cela en amoureux...l'inspiration est vite venue. Pour le reste, j'avoue que c'était beaucoup moins drôle. Il faut courir à la banque. C'est la première fois que j'étais contente de rencontrer ma conseillère. Nous avons consacré deux jours à la constitution de nos dossiers et je ne vous raconte pas la galère. Ils savent y faire à l'Ambassade. Leurs explications sont vraiment limites. Les pièges sont partout. La moindre erreur est un motif de refus...vous imaginez l'angoisse.

Nous sommes le mercredi 23 novembre et le nombre de place a déjà diminué de moitié. Il fallait absolument que nos dossiers arrivent au plus vite à l'ambassade. La Poste n'accepte pas de départ de courrier au delà de 15 heures : on fait quoi ?! En envoi normal, les dossiers ne sont livrés que vendredi. On ne pouvait pas se permettre d'attendre. Le seul moyen pour nos dossiers soient à l'Ambassade à Paris le lendemain matin est de se rendre chez Chronopost. Le dépôt le plus près est à Ennery. Il ferme à 19h15. Etienne part à 18h30. Il y a une déviation sur le chemin, son GPS lui fait faire un détour. Arrivé dans la zone d'activité, rien n'indiquait le dépôt. Avec un peu de chance, il trouve les locaux : il est 19h13. Il était temps...oufff nos dossiers s'en vont vers la capitale. 

Lundi 28 novembre - 10h28, nous recevons un accusé de l'ambassade. Quel soulagement nos dossiers vont être traités. Le plus dur reste à venir. Ils vont maintenant vérifier s'ils sont complets. 

Jeudi 1er décembre - 18h05, l'Unité Mobilité des Jeunes (UMJ) nous fait parvenir une acceptation conditionnelle. OUFFFFFF ! Nous n'avons pas fait de boulette dans les dossiers. Il faut maintenant effectuer un virement à l'Ambassade. Les frais de participation sont de 105 euros (je vous jure que je n'ai jamais été aussi contente de payer). Nos paiements ont été reçus et validés le vendredi 02 décembre.

Dès le lundi 05 décembre - 18h10, nos dossiers sont transmis au Service Visas et Immigration (SVI) qui doit étudier nos demandes selon la loi et les règlements de l'immigration canadienne. Ils détiennent notre sort entre leurs mains...

On entame alors la phase la plus longue et la plus stressante. On nous précise que si notre candidature est acceptée, nous recevrons un mail ; le cas échéant un courrier. Bizarrement je suis allée vérifier le courrier chaque jour en priant pour que je n'y trouve que mes livraisons de Noël ! 

Cette réponse tant attendue s'appelle dans le jargon la lettre d'introduction ; précieux sésame à présenter à la douane à notre arrivée. Elle est émise du Canada, en fin d'après-midi. Ce qui signifie que le mail débarque en pleine nuit (généralement entre 01h00 et 01h30). Quelle horreur ! 

Avant d'en venir au verdict, je vais faire une brève parenthèse pour parler de ceux qui m'ont soutenu pendant cette interminable attente (surtout quand on ne travaille pas). Je parle de l'ensemble de la communauté des PVTistes, de leur site, de leurs forum...Ils m'ont permis de mieux appréhender cette aventure, de me rassurer, de suivre l'évolution des demandes...Bref un grand merci !

Nous sommes maintenant le dimanche 18 décembre - 01h12. Entre amis ce soir là, et comme les quatre dernières nuits en compagnie de mon téléphone, j'actualise ma boîte mails et là...le voilà...je regarde Etienne, lui aussi...c'est GENIALISSIME ! 

Petit retour sur terre l'espace d'un instant, lorsque les personnes autour de nous sourient mais pas franchement...Un sentiment mitigé ? Je vous comprends. J'ai moi même un pincement au coeur. Mais pensez aux vacances que vous pourrez vous faire, et au moment où l'on se reverra à notre retour. Ca promet de grosses soirées. En parlant de soirée...attendez-vous prochainement à fêter notre départ !

BREF NOUS AVONS EU NOS VISAS ! 

° Départ prévu le 23 février °
° Direction Montréal et bien d'autres voyages une fois sur place °
° Rendez-vous au pays des caribous °